L’agroalimentaire. 

La production agricole mondiale actuelle pourrait permettre de nourrir 12 milliards de personnes (soit 1,5 fois la population mondiale). Pourtant, plus 800 millions de personnes sont sous-alimentées alors que déjà un tiers des céréales que nous produisons est utilisé pour nourrir notre cheptel mondial d'animaux d'élevage. De plus, d’après la FAO (Food Agriculture Organisation), 1,6 milliard de tonnes de nourriture seraient perdues chaque année. 30% de la production mondiale annuelle.

En grande Bretagne, 30% des fruits et légumes ne sont tout simplement pas récoltés parce qu'ils ne correspondent pas au “standard” du marché peu importe qu’ils soit comestible ou non.

 

En 1940, une calorie d'énergie fossile permettait de produire 2,3 calories de nourritures. En 2014, il faut 7 calories d’énergie pour produire une calorie de nourriture. Et c'est sans compter que de 1900 à 2004, la production agricole a doublé alors que les revenus ont baissé de 56%.

En Parallèle, le niveau d'endettement des agriculteurs est passé de 57 900€ en 1980 à 159 700€ en 2010 (+157%). En résulte un nombre d’agriculteur en baisse qui passe de 2 millions en 1955 à 500 000 en 2010. Ceux qui restent sont appauvris.


On voit donc le prix des denrées alimentaires augmenter de 140%

entre 2002 et 2008. D’après une étude de la Banque Mondiale, 75% de cette hausse serait due aux agrocarburants.

 

En parlant de banques, certaines profitent de l’amoindrissement des ressources pour s'enrichir. Depuis 2011, la banque hollandaise Rabobank a acquis 21 000 hectares de terrain en Pologne et Roumanie et espère les revendre d’ici 2030 en multipliant son prix par 3. Il y a donc peu de chance que les acheteurs soient des paysans locaux.

 

Finalement, en 50 ans notre agriculture est devenue une machine mondialisée qui représente à elle seule 15% d’émissions de CO2 liées aux activités humaines, sans parler des 10 millions de tonnes de phosphore qui s'ajoutent chaque année dans les océans à cause de l’usage excessif d’engrais chimique. Seul le rendement compte. 

 

En 1907, le problème de l’agriculture c’était de produire, de vendre, mais aussi de s’assurer que les champs continuent à produire les années suivantes (la fertilité des sols). La chimie nous a permis de ne penser qu’au présent et donc d’industrialiser l'agriculture, d’artificialiser cette activité qui était fondamentalement écologique et qui maintenant est fondamentalement destructrice. 

 

L’industrialisation signifie qu’on répond à un objectif unique d’augmentation d’efficacité de production, de productivité du travail et d'augmentation du capital. Dans cette mécanique là, un flux constant d’agriculteurs se verront être “exclus” du processus. 

Les patrons et les investisseurs de ces entreprises peuvent être de plus en plus loin, la gestion est confiée à un directeur qui sera sur place. Le danger est le suivant : si l'objectif est la rentabilité du capital au jour le jour, on va pas forcément se préoccuper de réinvestir dans la fertilité à long terme des terres. On est donc dans des gestions de la productivité à court terme qui sont très destructrices.

 

On est dans une logique du "on vient, on prend".

Source :

DataGueule : Agriculture industrielle : produire à mort - #DATAGUEULE 69https://www.youtube.com/watch?v=3rtEMp8_7z4

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