Les capsules Nespresso, un impact trop méconnu.

La consommation de café mondiale s'élève à 255 kilos de café par seconde. Ce chiffre nous révèle l'ampleur que cette boisson peut avoir sur l'environnement ou la santé si elle s'inscrit dans des pratiques de surproduction. Or l'aspect instantané de la consommation de café a poussé des marques (comme Nespresso) à créer des machines qui délivrent toujours plus rapidement la précieuse tasse, avec des pratiques toujours plus impactantes.

 

Le MOOC zéro déchet que propose l'Université Colibri nous éclaire sur les problèmes que posent l'utilisation des capsules Nespresso :

Le plastique

Pour que l’aluminium ne soit pas en contact direct avec le café, les capsules Nespresso contiennent une fine pellicule de plastique ou une laque alimentaire.

 

Et cette fine pellicule est un danger pour notre santé.

 

Ce plastique, bien caché, est issu de matières fossiles (pétrole, gaz ou charbon). Lorsque le café passe, ce plastique entre en contact avec de l’eau à très haute température. Or, il n’est pas recommandé de chauffer du plastique en contact avec nos aliments.

 

Des additifs (potentiellement pathogènes) peuvent ainsi migrer directement dans le café.

Le café

Le café provient de 12 pays différents (Brésil, Colombie, Costa Rica, Éthiopie, Guatemala, Inde, Indonésie, Kenya, Mexique, Nicaragua, Pérou, Soudan du Sud). Or on sait que la culture du café a un impact important sur la planète. La culture du café (au-delà de conditions sociales et de travail parfois largement discutables sur les plantations d’Amérique du Sud) nécessite de nombreux intrants chimiques, et parce que ce produit vient de l’autre bout du monde avant d'atterrir dans notre tasse, le transport des grains est aussi très émetteur en CO2.

 

Malgré cela, une grande partie du café Nespresso est issue du commerce conventionnel et non du commerce équitable, qui pourrait au moins permettre de valoriser les cultivateurs. Nespresso affirme payer le café 30 à 40% plus cher que le prix du marché. Pourtant, le groupe Nestlé (auquel appartient Nespresso) a été épinglé récemment sur les prix pratiqués et l’influence que cela a sur le niveau de vie des producteurs : “le cours du café est passé sous la barre des 100 dollars le sac mi-septembre 2018, "un

point extrême en dessous duquel les producteurs ne peuvent plus vivre, le seuil de survie étant estimé aux alentours de 130 dollars", ajoute Christophe Eberhart, fondateur de la coopérative Ethiquable, spécialisée dans l’importation de café équitable”.

 

 

L’aluminium

Oui, l’aluminium conserve bien le café, mais il faut environ 4 tonnes de bauxite pour obtenir 2 tonnes d’alumine puis traiter l’alumine par électrolyse pour en obtenir 1 tonne d’aluminium.

 

Pour cela il faut traiter la bauxite et c’est de ce traitement que proviennent les boues rouges, chargées de substances toxiques et de métaux lourds (titane, oxyde de fer, oxyde d’aluminium, silicium, chrome, cadmium).

 

Ces boues rouges sont stockées dans d’immenses bassins et l’on attend que l’eau s’évapore ou elles sont rejetées directement dans la nature, comme c’est le cas à Gardanne près de Marseille, où les boues finissent directement en mer dans le parc naturel des Calanques. Nespresso annonce s’engager à partir de 2020 pour produire de l’aluminium “responsable”. L'impact social et environnemental de ces dernières années n'est cependant pas évoqué et la notion d’aluminium “responsable” est alors à questionner quand on parle d’une ressource naturelle surexploitée.

Le transport 

Entre l’aluminium, le plastique, le café, leur extraction, production, transformation, torréfaction, conditionnement, la capsule et ses contenants auront déjà fait plusieurs dizaines de milliers de kilomètres avant d'atterrir dans notre tasse. Les capsules seront ensuite emballées, distribuées en magasins, puis les clients viendront jusqu’au magasin pour transporter les capsules jusque chez eux. Et à la fin de leur vie, ça sera la même chose : on vous avait dit que nos aliments voyageaient plus que nous !

Une dégustation coûteuse à tous les niveaux

Nespresso, en tant que leader du marché a imposé un nouveau mode de consommation. Au delà de son propre impact, la marque porte donc la responsabilité du modèle qu’elle propose. Plus d’un milliard de capsules de café consommées chaque année en France.

9 milliards dans le monde : ce qui représente 40 000 tonnes de déchets d'aluminium, l'équivalent de 4 tours Eiffel. En plus du coût pour l’environnement, les dosettes coûtent cher pour les buveurs de café !

 

En prenant en compte les coûts du café et de la machine, le café en dosette revient à 365 euros par an pour un consommateur Nespresso. Le café filtre coûte 110 euros par an, plus de 3 fois moins cher ! Le modèle Nespresso consiste à proposer une gamme de machines à bas prix (à partir de 60€ environ) mais ce sont ensuite les consommables qui sont coûteux (0,30€ la dosette premier prix, soit 60 à 70€ le kilo de café).

Rarement triées

Au final, la capsule finit souvent dans la poubelle de déchets résiduels (la poubelle noire). La capsule finira donc sa vie en décharge ou brûlée dans un incinérateur.

 

Aucune valorisation matière ne sera possible. Pourtant le café se composte et aurait pu être rendu à la terre. L’aluminium aurait pu être recyclé, alors qu’il s’agit d’une ressource rare et très énergivore à produire. Avec l’utilisation des capsules, on produit au final 10 fois plus de déchets qu’avec l’emploi de paquets de café traditionnels.

Le recyclage Nespresso

Nespresso a développé sa propre filière de recyclage des capsules. Pour cela, il faut soit mettre ses capsules dans un sac spécifique dans sa poubelle de tri. Mais il faut que le centre de tri près de chez nous soit partenaire (il faut suivre, n’est-ce pas !). Autre alternative : le consommateur est invité à ramener ses capsules en magasin (dans un sac spécial distribué à cet effet).

 

Ensuite, Nespresso offre un petit voyage en Hollande à ses capsules. Une fois dans l’usine (spécifiquement construite pour gérer les capsules), les dosettes (encore dans leur sac plastique) sont broyées. Puis, le tout est passé au tamis et séché dans un four. Ensuite, on tente de séparer le café, le plastique et le métal (par éjection et courant de Foucault).

Selon Nespresso, 1 capsule sur 5 serait recyclée comme ça.

Dans la poubelle de tri

Une fois dans la poubelle de tri, la capsule entame un vrai parcours du combattant. Sa taille ne permet pas qu’elle soit triée manuellement. Ainsi, pour être vraiment triée elle devra tout d’abord atterrir dans un centre de tri équipé de capteurs pour récupérer les capsules en aluminium. En France seuls 18 centres sur 200 sont concernés ! Ensuite, les capsules seront envoyées aux Pays-Bas pour être nettoyées.

 

Puis direction l’Italie pour fondre les dosettes en lingots. Les lingots sont ensuite transformés en feuilles d’aluminium en Allemagne. Enfin, en Suisse, les feuilles seront transformées en capsules plates. Se pose alors la question : Doit-on mettre en place des industries aussi coûteuses et complexes pour recycler un objet aussi peu vital et si facilement substituable ?

Des alternatives ? Tout le reste !

La capsule est-elle vraiment plus simple ? Il ne faut que quelques secondes pour faire un café c’est certain. Par contre si l’on commence à réfléchir à la production des dosettes ou si l’on souhaite les recycler, bonjour la prise de tête ! Dites adios les capsules et bonjour à toutes les autres options.

 

Vous pouvez utiliser un percolateur, une cafetière italienne, une cafetière à piston (temps de préparation du café très compétitif) ou encore une cafetière filtre avec un filtre permanent. Et n’oubliez pas d’acheter du café commerce équitable (ou de la chicorée !), en vrac si possible pour limiter l'impact écologique.

Source

MOOC zéro déchet, Université Colibri : Les capsules de café, beaucoup d’impacts dans une seule tasse (création/illustration : Chantal Rivière studio Grafiklab).

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