La transition énergétique freinée par les lobbies.

Depuis 15 ans au sein de l’Union Européenne, on assiste au combat des groupes énergétiques conventionnels qui se sont alliés pour contrer les directives européennes pour l’investissement dans des énergies renouvelables. Cette offensive des oligopoles traditionnels de l’électricité s’est organisée sous le nom de “Groupe Magritte” pour contrer une certaine menace sur leur monopole. S’attaquant au niveau national aux gouvernements qui mettaient en œuvre la directive de 2009 sur l’obligation du rachat à tarif garanti, il ont obtenu au niveau européen depuis 2016 l’abandon progressif du tarif d’achat garanti pour les énergies renouvelables, remplacé par un système dans lequel les producteurs doivent vendre eux-mêmes leur électricité sur le marché. Ce nouveau système plus complexe, est difficile à gérer pour les PME et autres acteurs de moins grosse envergure, le tout au bénéfice des géants du secteur.

 

En effet, une “révolution douce de l’énergie” a été amorcée par une “démocratisation du système énergétique” selon Claude Turmes (député européen Les Verts au Luxembourg et auteur de l’ouvrage Transition énergétique: Une chance pour l’Europe qui relate toute cette bataille interne). Le petit producteur local ou même des particuliers peuvent développer leur propre énergie chez eux dans leur jardin, maintenant, et cela effraie les oligopoles de l’énergie. La baisse des coûts des énergies solaires par cinq depuis dix ans, et la baisse des coûts de l’énergie éolienne et sous-marine ont permis cette transition.

 

Cet ouvrage nous apprend qu’ “À peine 15% de l’activité d’EDF Énergies Renouvelables est réalisée en France : tout est fait pour conserver le vieux nucléaire malgré les risques sanitaires et environnementaux.” L’auteur revendique “le droit, pour chaque citoyen européen, de produire sa propre énergie, de la consommer, de la stocker, de la revendre et de la partager”. C’est à dire, permettre aux citoyens de se libérer des monopoles énergétiques en démocratisant encore plus les solutions de productions énergétiques décentralisées. Cette décentralisation permettrait de produire une énergie locale (comme c’est le cas en Allemagne où 95% des énergies renouvelables proviennent des collectivités, des agriculteurs, des PME ou des citoyens). 

Un autre argument contre la transition énergétique se résume à accuser les solutions alternatives de polluer autant sinon plus que les énergies fossiles du fait de leur teneurs en métaux rares. Selon le journaliste Guillaume Piltron partisan de la réouverture des mines industrielles en France, la transition énergétique serait “la plus fantastique opération de greenwashing de l’histoire” sans qu’il ne pose la question d’une critique systémique du capitalisme industriel. Pour Alma Dufour et Juliette Renaud, membres des Amis de la Terre, le problème n’est certainement pas la transition énergétique elle-même, mais le modèle économique choisi pour y parvenir. L’arnaque de la « croissance verte » plutôt que celle de la transition énergétique. Il faudrait privilégier la réduction des besoins et avoir recours à la production d’énergies renouvelables la plus décentralisée possible pour maîtriser la consommation. Les deux femmes veulent souligner les impacts cachés de certaines “solutions vertes” comme la voiture électrique

 

Pour illustrer le propos, si éoliennes et smartphones utilisent tous deux du néodyme [ un des métaux rares ] pour leurs aimants permanents, il n’y a que 341 000 éoliennes installées au total dans le monde alors qu’1,5 milliards de smartphones ont été vendus en 2017. Le chiffre d’affaire de l’industrie mondiale de l’éolien en 2016 était de 86 milliards, alors que le seul bénéfice d’Apple la même année s’élevait à 45 milliards. Le « deux poids, deux mesures » du traitement de l’information est ainsi manifeste, avec pour effet de discréditer spécifiquement les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables ne sont pas nécessairement des gouffres à nouvelles technologies. Des solutions en général vendues par des acteurs responsables de la crise écologique, et dans laquelle les choix des citoyens n’ont aucune place… 

Sources :

Mr Mondialisation : Depuis 20 ans, les géants du pétrole font la guerre aux énergies renouvelableshttps://mrmondialisation.org/les-geants-du-petrole-font-la-guerre-aux-energies-renouvelables/

 

Mr Mondialisation : « Les renouvelables polluent autant que le pétrole » Une propagande politique ? (Interview) : https://mrmondialisation.org/reouverture-des-mines-en-france-un-formidable-operation-de-greenwashin/

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