Tourisme : une triste augmentation.

En 2018 les touristes ont accompli 1,4 milliard de séjours à l’étranger pour le plaisir contre 500 millions pour l’année 2000. Ce nombre de séjour nécessite l’emploi d’1 personne sur 10 dans le monde et génère plus de 8 300 milliards de dollars, soit 10% du PIB mondial.

 

Sur tous les continents, et même en Corée du Nord, la fièvre occidentale pour le tourisme ne cesse de croître : en Chine le tourisme a fait un bond de 254% entre 2009 et 2015 et dans le même temps la part de PIB associée au secteur grimpe 1,5 fois plus vite que le reste de l’économie mondiale. 

 

Réservée au 19ème siècle à la jeunesse aristocratique qui faisait son Grand Tour, la pratique se démocratise avec l’instauration des congés payés en Europe. Dès les années 1960, le tourisme est vendu par la banque mondiale comme la solution miracle aux problèmes économiques et à la grande pauvreté. Cette activité créatrice d’emplois permet d’amener dans les caisses de précieuses devises occidentales pour rééquilibrer les balances commerciales en berne. Seule condition : standardiser son territoire pour le faire entrer dans les pages des catalogues. 

Sous les tropiques, l’emprise touristique impose le sacrifice de pays entiers. Dans les Maldives, le tourisme représente 41% du PIB et 20% de l’emploi pour 1 390 000 touristes annuels. Les 430 000 maldiviens ne font pas le poids, leurs îles vierges sont privatisées par centaines, notamment par des hôtels de luxe, pour satisfaire le modèle “1 island, 1 resort” (une île, un hôtel). Des frontières internes pour isoler les locaux de l’influence externe ont même été construites. Malheureusement, cette affluence produit 95% des émissions de carbone du pays quand 80% du territoire se trouve à moins d’un mètre du niveau de la mer, le tourisme pourrait participer à la disparition sous-marine de ces îles.

Au niveau planétaire, le tourisme génère 8% des gaz à effet de serre liés à l’activité humaine. L’empreinte globale de nos vacances explose : 3,9 gigatonnes de CO2 en 2009, 6,5 gigatonnes prévues en 2025. Malheureusement le marché du tourisme tire profit de ce qu’il détruit avec ce qu’on appelle le tourisme d’extinction. 50 000€ la croisière sur les routes maritimes ouvertes par la fonte de l’Arctique, ce qui fait 400 dollars la nuit, pour une escale au chevet des derniers Inuits à l’image d’un safari humain. 110 000 dollars pour tuer un markhor (un bovidé caprin), l’emblème national du Pakistan, un trophée en voie d’extinction, dans la limite des stocks disponibles. Et pourtant selon l’ONU, seules 30% des dépenses touristiques en Thaïlande bénéficient aux locaux, 20% dans les caraïbes et 15% en Afrique subsaharienne.

 

Finalement, le tourisme entretient l’illusion d’une économie du loisir sans conséquences, mais sa machine commerciale digère espaces et cultures réduisant l’ailleurs à une simple marchandise.         

 

Source :

Data Gueule : Tourisme : Tristes tropismes : https://www.youtube.com/watch?v=M71Onlsd9o8

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