Les pesticides.

Les pesticides sont des substances composées d’un ensemble de molécules comprenant une (ou plusieurs) matière active ainsi qu’un diluant qui est une matière solide ou un liquide (solvant). Utilisés pour lutter contre des organismes considérés comme “nuisibles”, l'appellation rassemble les insecticide, les fongicides, les herbicides et les parasiticides. Ils s’attaquent respectivement au insectes ravageur, au mauvaise herbes et au vers parasites.

 

309 substances actives étaient autorisées en France en 2012 et plus de 100 000 spécialités commerciales autorisées à la vente dans le monde, composés à partir de 900 matières active différentes. 15 à 20 nouvelles matières actives s’y ajoutent tous les ans, qui remplacent souvent des produits interdits ou devenus inefficaces.  

 

Les quantités de pesticides utilisées dans le monde augmentent régulièrement depuis soixante ans. Elles semblent diminuer dans certains pays d'Europe, mais à dose ou poids égal, les matières actives d'aujourd'hui sont généralement beaucoup plus efficaces que celles des décennies précédentes (donc plus agressives).

 

Les molécules commercialisées évoluent, pour contourner les résistances (des insectes, champignons ou végétaux), pour remplacer des produits interdits en raison de leur toxicité, ou quand des molécules a priori intéressantes viennent en remplacer d'autres.

 

Au niveau mondial, ce sont les pays producteurs de riz (Japon, Corée du sud,...) qui consomment le plus de pesticides par hectare, quatre fois plus que la moyenne européenne, elle-même supérieure à celle des États-unis. 

 

En 2008 la France était le quatrième consommateur mondial de pesticides, derrière les États-unis, le Japon et le Brésil, et le deuxième plus grand consommateur de pesticides phytosanitaire (relatif aux soins à donner aux végétaux) au rang européen avec 66 659 tonnes par an. Cela représente plus de 2 kg chaque seconde alors qu’un seul gramme de pesticide suffit pour rendre impropre à la consommation 10 000 mètres cube de terre. Ce même gramme suffit à polluer un ruisseau d’un mètre de large et un mètre de profondeur sur 10 km.

 

De 2009 à 2016-2017, la consommation de pesticides augmente de 12,4% avec 94,2 millions de doses. La consommation de pesticides cancérigènes avérés est toutefois en baisse de 6%.

Selon le RICA (Réseau d’Information Comptable Agricole), en 2006, ce sont 2 310 millions d’euros qui ont été dépensés en achat de pesticides (6 700€/exploitation et 90€/hectare), un total de vente de 2 442 millions de produit en France métropolitaine. 

 

D’après les analyses faites par l’INVS (l’Institut de Veille Sanitaire) en 2006-2007 chez 3100 personnes, le sang d’un Français moyen contient presque toujours des pesticides organophosphorés (insecticides qui inhibent l’activité du système nerveux végétatif) et trois fois plus de certains pesticides que celui des Américains ou des Allemands.

 

Certains pesticides sont susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens et sont soupçonnés de provoquer une baisse du quotient intellectuel ou de provoquer des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson.

Lors d’un traitement, plus de 90% des quantités utilisées de pesticides n’atteignent pas le ravageur visé. L’essentiel des produits aboutissent dans les sols, ils subissent alors des phénomènes de percolation ( le passage d’un fluide à travers un milieu plus ou moins perméable) et de dispersion. Les risques pour l'environnement sont d’autant plus grands que ces produits sont toxiques.

 

Le sol comporte des éléments minéraux et organiques mais aussi des organismes vivants. Ces derniers participent également aux transferts : immobilisation, modification et dégradation. Les phénomènes de transfert à la surface du sol ne concernent qu'une faible part des produits appliqués (généralement moins de 5 %). Ils contribuent à la pollution des eaux de surface lorsqu'ils sont entraînés, soit à l'état dissous ou retenu sur des particules de terre elles-mêmes entraînées. Les transferts dans le sol sont plus importants. Ils y sont entraînés par l’eau de pluie et s’y déplacent selon la circulation de l’eau. 

A titre d’exemple, l’oxychlorure de cuivre n’est pas biodégradable et s’accumule dans les sols. Il a ainsi entraîné la stérilisation de 50 000 hectare de certains sols de bananerais au Costa Rica.

 

L’OMS met en garde contre les dangers directs et indirects liés d’une part à l’utilisation de pesticides et d’autres part à l’exposition aux pesticides. Environ 200 000 personnes meurent chaque année d’intoxication aiguë par des pesticides. Ceux liés au Chlorpyrifos diminuent en moyenne de 2,5 points le quotient intellectuel de chaque enfant européen.

 

Les pesticides les plus utilisés (en terme de quantité) sont les désherbants. La molécule active la plus vendue comme désherbant et la plus utilisée dans le monde est le Glyphosate.

Le Glyphosate.

Le Glyphosate (phosphonomethyl glycine, C3H8NO5P) est certainement l’herbicide le plus connu et un des cinq les plus utilisés dans le monde. Exclusivement produit par Monsanto (une entreprise américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles) à partir de 1974 commercialisé sous le nom de Roundup il est pulvérisé chaque année sur des millions d’hectares.

 

Il est généralement utilisé pour accélérer la maturité et détruire les adventices  (mauvaises herbes), afin d’avancer la date de récolte. Au Canada cette méthode est utilisé sur les cultures fourragères (destinées à l’alimentation animal).

En 2016, deux études ont montré la présence de glyphosate dans certaines bières Suisses et Allemandes, elle contenaient 300 fois la dose autorisée

dans l’eau potable. Le Glyphosate est classé depuis le 20 mars 2015 comme “probablement cancérogène” par le CIRC (Le Centre International de Recherche sur le Cancer), une agence de L’OMS.

 

De plus le Glyphosate a été détecté dans l’eau des nappes phréatiques, dans les rivières et dans l’eau du robinet. 

 

Monsanto a perdu plusieurs procès pour avoir présenté le Roundup comme biodégradable alors que la demi-vie du Glyphosate (le temps nécessaire pour que 50 % des molécules de Glyphosate soient dégradés) est de 4 à 189 jours (dans les sols) selon les conditions, et il se dégrade en sous-produits, eux-mêmes difficilement biodégradables avec des délais variant selon l’endroit. Les surfaces artificialisées (route, trottoir, parking,...) n’ont pas de richesse bactérienne et sont quasiment incapable de dégrader le glyphosate. 

 

En tant que désherbant et aux doses où il est actif, le Glyphosate affecte nécessairement des espèces de végétaux non-ciblées qui en reçoivent accidentellement. De plus il contribuent à (re)mobiliser des ions toxiques (tel que l’arsenic) antérieurement piégés dans les sols qu’ils peuvent alors transporter dans les plantes (qui peuvent alors contaminer tout l'écosystème) et peuvent parfois faciliter la contamination d’animaux fouisseurs tels que les vers de terre et ensuite de leurs prédateur via le réseau trophique (chaîne alimentaire) Par exemple, en Martinique le chlordécone, un autre pesticide interdit depuis 20 ans, est encore très présent dans les sols et cours d’eau en 2012.

 

Par définition, tout désherbant utilisé à grande échelle a un impact local sur la flore qui y est exposée (au moins aux doses actives du produit). Quelques études laissent suspecter (ou ont confirmé) une écotoxicité significative prégnante à large échelle géographique sur divers groupes d'espèces ou d'habitats. On a prouvé en 2002 que le Glyphosate a un effet reprotoxique (phénomène de toxicité pouvant altérer la fertilité de l’homme ou la femme, ou altérer le développement de l’enfant à naître).

 

Deux phénomènes ont été observés sur des champs de cotonniers traités au Roundup:

 

  • Une mauvaise pollinisation, sachant que normalement le cotonnier est auto-fécond.

 

  • Une augmentation du taux d’avortement des capsules de cotonnier, ce qui cause une perte de rendement. 

 

Au-delà d’une certaine dose, la toxicité aiguë des produits à base de Glyphosate est incontestable. À titre d’exemple, en France, les centres d’antipoison ont enregistré, de 2008 à 2014, 1362 cas d’ingestion de pesticide à base de Glyphosate dont 429 avec symptômes d’intoxication aiguë et 25 cas sévère

 

Le degré de toxicité du Glyphosate seul est débattu depuis le milieu des années 80. Or, il n’est que l’un des composant des désherbants mis sur le marché, et certains de ses additifs sont eux-mêmes très toxiques et aggravent les symptômes. Le POEA (polyoxyéthylène amine) qui l’accompagne souvent étant réputé plus toxique que les autre surf-actant et “possiblement à l’origine d’un risque accru de pneumopathie d’inhalation, voire d’oedème laryngé”.


En 2015, le centre international de recherche sur le cancer de l’OMS a classé le glyphosate comme “cancérogène probable”. Une analyse récente (2019) trouve que les agriculteurs les plus exposés ont une risque accru de développer certains types de lymphomes (un cancer des lymphocytes B, type de globule blanc chargé de produire des anticorps). Chez les travailleurs très exposés, il peut affecter le système cardiovasculaire. Il semble aussi pouvoir induire une paralysie intestinale et a était classé comme pouvant endommager l’ADN.

Sources :

Wikipédia : Pesticidehttps://fr.wikipedia.org/wiki/Pesticide#Cat%C3%A9gories_de_pesticides

 

Wikipédia : Glyphosate : https://fr.wikipedia.org/wiki/Glyphosate

Data gueule : Agriculture industrielle , produire à morthttps://www.youtube.com/watch?v=3rtEMp8_7z4

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