Comment se traduit le mode de production et de consommation de la mode éphémère ? 

Les vêtements sont comme une “peau choisie”, ils montrent la manière dont nous souhaitons communiquer sur nous même. Le monde de la mode évolue sans pitié vers une façon de produire qui se soucie exclusivement des intérêts des grandes entreprises, la partie artistique de la mode est en train de passer à la trappe.

 

On observe une baisse constante des prix alors que le prix de production augmente. La sous-traitance permet en effet de faire toujours plus baisser les prix d’achats et cela crée la fast fashion. Par exemple, dans les années 60, 95% des vêtements que portaient les américains étaient produits dans leur pays. Désormais, ils représentent seulement 3 %, le reste de la production de vêtements étant sous-traitée dans des pays "en voie de développement" (Chine, Inde, Bangladesh).

 

Cela se traduit par de nouveaux arrivages de vêtements toutes les semaines, 52 collections par an au lieu de 4 saisons 10 ans auparavant. Ce système nous donne la possibilité d’acheter et de jeter des habits sans même nous en soucier et tous les moyens sont bons pour inciter les consommateurs à renouveler leur garde-robe.

Pour cela les entreprises qui sous-traitent maintiennent les salaires des ouvriers toujours plus bas et changent sans problème de sous-traitant quand les prix ne sont plus intéressants.

Pour garder des prix bas, les fabricants doivent “faire des économies”, c’est-à-dire ignorer les règles de sécurité. La pression exercée par les entreprises sur les fabricants se répercute sur les ouvriers, jusqu’à ce que des catastrophes comme le Rana Plaza arrivent.

 

En 2013 à Dacca au Bangladesh, une fabrique de vêtements de 8 étages s’effondre faisant plus de 931 morts parmi les ouvriers en faisant le pire incident dans l’histoire de la production de vêtements. Ce drame a démontré la pression des fabricants puisque les ouvriers avaient été contraints de travailler malgré les plaintes qu’ils avaient fait remonter à la direction des fissures dans les murs et l’alerte d’évacuation donnée le matin même à la direction et ignorée par cette dernière. Après ce désastre, de nouvelles catastrophes n’ont cessé d’arriver et surtout d’être relayées dans les journaux occidentaux, pointant du doigt les conditions de travail des personnes qui fabriquent nos vêtements.

 

Malgré cela, l’année qui a suivi le désastre du Rana Plaza a été l’année la plus rentable pour l’industrie de la mode (3 milliards par an). Pour justifier de tels agissements, les grandes entreprises prétextent que leur implantation dans ces pays augmentent la qualité de vie des ouvriers et leur sécurité, qu’ils font un travail qu’ils ont choisi et qu’ils pourraient faire bien pire. Mais cela ne peut justifier la différence de niveau de vie imposée entre nous et les 4 millions d’ouvriers au Bangladesh dans 5000 usines qui produisent la plupart des habits des grandes marques occidentales. Plus de 85% des ouvriers sont des femmes et vivent avec un salaire minimum de moins de 3 dollars par jour. Aujourd’hui, environ 1 humain sur 6 travaille pour l’industrie de la mode, en faisant l’industrie la plus dépendante de main d’oeuvre sur Terre, mais aussi la plus irrespectueuse des droits humains.

Sources :

Documentaire The True Cost, Andrew Morgan, 2015.

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