Une économie subventionnée.

Entre 1976 et 2009, les frais d’exploitation des puits de pétrole en Californie ont été multipliés par 4. Idem pour le charbon, entre 2004 et 2011, les coûts pour en extraire 1 tonne ont grimpés de 80%. Heureusement, les subventions sont là. À la fin des années 1970 déjà, face à l’épuisement des puits de gaz, le président américain Jimmy Carter offre jusqu’à 40% d’économie d'impôts aux compagnies gazières pour trouver de nouvelles réserves

En 2011, l’Allemagne allouait au secteur du charbon une aide estimée à 2 milliards d’euros et encore elle était de 5 milliards en 1999. Selon le FMI, en 2013, les énergies fossiles bénéficiaient de 4,9 milliards de dollars de subventions sous diverses formes, soit 6.5% du PIB mondial, plus que toutes les politiques de santé au monde réunies.

 

Sans ces subventions, le prix réel de ces énergies fossiles grimperait rapidement, celui des énergies renouvelables deviendrait alors beaucoup plus attractif. Supprimer complètement ces aides pourrait réduire de 20% les émissions de gaz à effets de serre et de 50% les morts prématurés liés à la pollution de l’air. Mais difficile de changer nos habitudes fossilisées, entre 2012 et 2014, les investissements de la banque mondiale dans les énergies fossiles ont augmentés de 32%, en 2014 ils ont dépassés les 3.3 milliard de dollars. Sur la même période, les sommes allouées aux énergies renouvelables propres ont connu une hausse de 0.6%.

 

Or, pour éviter que les températures n’augmentent de 2°C dans les années à venir, il faudrait laisser ⅓ du pétrole, ½ du gaz et 80% du charbon sous terre. Alors que les subventions restent intouchables, certains ont choisi d’attaquer l’autre face du problème: les investissements. Ainsi est né le Divestment. En avril 2015 dans l’état de New-York, après deux années de campagne des étudiants sur le campus, l’université de Syracuse s’est engagée à retirer 1.18 milliards de dollars investis dans des compagnies pétrolières, gazières et charbonnières. Tout comme les universités de Stanford, du Maine ou de Glasgow avant elle.

 

Au même moment en France, BNP Paribas, le Crédit Agricole et le Société Générale se sont engagé à ne plus financer des mines de charbons pharaoniques en Australie. Quand au fonds de retraite des fonctionnaires de San Francisco, il a retiré 583 millions de dollars des énergies fossiles pour les réinvestir dans les ressources renouvelables. Détourner des flux financiers pour aider des énergies aujourd’hui alternatives, voilà une autre forme de subvention qui tente de rééquilibrer la balance. De quoi peut-être ébranler enfin nos vieilles habitudes subventionnées.

Source :

Data gueule : Énergies fossiles: mortelles subventions https://www.youtube.com/watch?v=aUmJ35kMq1Q

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